
Le sport de la colombiculture consiste aussi bien en l’élevage, le dressage, le lâcher, l’entraînement et la compétition de pigeons sportifs ou de pique, qu’en l’exposition de pigeons de race gorgée (« buchona »), laquelle vise la perfection génétique et morphologique des spécimens, obtenue grâce au développement acquis par l’entraînement. Dans ce sport, on valorise l’instinct du mâle pour attirer la femelle ou pigeon de lâcher, identifiée par une plume blanche placée sur sa queue. Les points sont attribués conformément aux règlements de compétition, en fonction du zèle, de la constance et de l’habileté dans les méthodes de séduction du pigeon mâle.
Le pigeon utilisé dans la pratique de la colombiculture descend du pigeon buchon introduit en Espagne par les Arabes au VIIIe siècle. Il a servi au fil des siècles comme moyen de loisir et de distraction, avant d’être amélioré par des croisements réalisés par de grands amateurs valencians, jusqu’à obtenir le pigeon sportif valencien, tel qu’il est dénommé aujourd’hui, solidement implanté sur notre territoire dès le milieu du siècle dernier.
Au XVe siècle, sous le règne du roi Ferdinand le Catholique, des règles de protection des pigeons sportifs furent déjà édictées. Les premières normes relatives à la pratique du vol de pigeons buchons datent de 1754 et furent promulguées par le corregidor de San Felipe (actuelle Xàtiva) et gouverneur de Montesa et de sa juridiction. Le 13 juin 1908 fut publiée la seconde circulaire gouvernementale visant à réglementer la pratique et l’activité de la colombiculture, circulaire complétée et précisée en avril 1914. C’est à partir de cette date que fut constituée à Valence la première Société de Colombiculture.
Le 22 août 1925, une fois les organisations locales constituées et légalisées, le marquage des spécimens fut réglementé, la discipline relative à la compétition et à la détention des pigeons sportifs fut organisée, et la Fédération Régionale Valencienne de Colombiculture fut créée, regroupant plus de quatre-vingts sociétés locales.
Des centaines de milliers de Valenciennes et de Valenciens ont pratiqué, pendant plus de trois cents ans, ce sport valencien dans toutes les localités de la Communauté. Aujourd’hui encore, il jouit d’un grand essor et d’une forte popularité, comme en témoigne le nombre élevé de licences en vigueur.
La Loi 4/1993 du 20 décembre, relative au sport dans la Communauté Valencienne, a cherché à réglementer en détail la pratique de toutes les disciplines sportives, en se concentrant sur la personne physique (sportif, entraîneur, juge-arbitre) ou sur les différentes formes juridiques des entités sportives. Toutefois, dans le cas spécifique de la colombiculture, un élément essentiel est resté sans réglementation : le pigeon sportif.
Cette situation de vide juridique a entraîné une dégradation notable de la pratique de ce sport traditionnel, donnant lieu à des situations administratives paradoxales, telles que la qualification des simples pigeonniers sportifs en centres d’élevage avicole, ou l’exigence de licences d’activité classée par les autorités locales pour la détention de pigeons sportifs utilisés en compétition par des sportifs fédérés. À cela s’ajoutent les problèmes posés par les pigeons redevenus sauvages, les pigeons ornementaux des places et parcs, ou autres situations analogues. Tout cela rend nécessaire une réglementation de haut niveau afin de préserver cette pratique sportive et d’assurer sa transmission aux futures générations de colombiculteurs.
Actuellement, la Loi 10/2002 du 12 décembre, relative à la protection de la colombiculture et du pigeon sportif, réglemente les mesures de protection des pigeons sportifs et de leurs installations, et interdit leur détention, capture, mauvais traitements, blessures, dissimulation, chasse ou tir, ainsi que toute atteinte à leurs pigeonniers. Elle aborde également des aspects essentiels à la protection du pigeon sportif.
Parallèlement, elle instaure un ensemble d’exigences hygiéno-sanitaires, vétérinaires et relatives à l’hébergement pour l’autorisation des installations accueillant des pigeons sportifs, dans la ligne de la Loi 4/1994 du 8 juillet de la Generalitat Valenciana sur la protection des animaux de compagnie. L’ensemble de ces dispositions est contrôlé par un système de sanctions proportionné, destiné en dernier ressort à garantir l’esprit de protection du pigeon sportif.
La tradition valencienne de ce sport, forte de plus de trois cents ans d’histoire, le prestige considérable acquis tant au sein qu’en dehors de la Communauté Valencienne, le nombre élevé de pratiquants sur notre territoire, son importante structure territoriale ainsi que le soutien social et culturel dont il bénéficie à tous les niveaux, justifient pleinement l’inclusion d’une section résumant les bases et les règles régissant cette pratique sportive.